Les femmes enceintes ont-elles droit au plaisir

La chrétienté a tranché depuis longtemps la question : « Tu accoucheras dans la douleur, et si tu n’es pas contente, c’est le même tarif». Nietzsche étant passé par là en affirmant que Dieu est mort, on pourra éventuellement se permettre de questionner le dogme. Et si la souffrance n’était pas obliga­toire ? Je ne parlerai pas ici de péridurales, mais des accouchements orgas- miques pratiqués minoritairement aux États-Unis. Certaines femmes, citées dans le Courrier International du 3 mai 2007, n’hésitent pas à se faire masser le clitoris pendant la mise au monde de leur bébé ! Elles prétendent trans­former ainsi la souffrance en expérience cosmique et agréable (« Toutes mes zones érogènes étaient stimulées. Je poussais des cris très proches de ceux de l’orgasme. De fait, c’était un véritable orgasme. Je vivais la chose la plus féminine qui soit donnée de vivre à une femme et c’était fantastique »). Ces bonnes vibrations seraient également bénéfiques à l’enfant, comme le sont les orgasmes durant la grossesse.

Faire l’amour quand son corps en contient deux peut constituer un obs­tacle pour la future mère, et c’est tout à fait compréhensible. Rappelons que le pénis du père (ou de l’amant…) ne risque aucunement de blesser le fœtus, alors que le plaisir maternel se répercute d’une manière positive, mais ce n’est pas pour ça que tout le monde se sent prêt, psychologique­ment et physiquement, à briser le tabou qui entoure la sexualité pendant la grossesse (au moins durant les derniers mois).

Le problème est plutôt de concilier ses envies avec celles de l’autre, car non seulement les femmes enceintes ont droit au plaisir, mais leur par­tenaire aussi !

L’avis du sexologue : réinvestir la féminité

La sexualité pendant la grossesse n’est pas a priori un pro­blème même si elle est parfois compliquée à ce moment. Tbut dépend de ce que chacun imagine. Les modifications corporelles de la femme – ou simplement le fait qu’elle soit en train de devenir mère – peuvent être source d’angoisse, de tabous pour l’un ou l’autre (les deux parfois !) des partenaires. Il va de soi que l’on doit respecter la sensibilité de chacun. De même qu’il faudra bien, après l’accouchement, réinvestir (d’un point de vue psycho­dynamique d’abord) le vagin, les seins, bref, le corps de la jeune maman. Allaitement, épisiotomie… les rappels de la transforma­tion de la. femme ne manquent pas. C’est surtout ce nouveau jon­glage entre le rôle de mère et le rôle d’amante qui peut boule­verser le couple.

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